Agenda
Un film à ne pas manquer !
Les nouveaux chiens de garde, en avant-première :
A Quimper au Chapeau Rouge, samedi 14 janvier 2012 à 17h15 en présence de Gilles Balbastre, puis le dimanche 15 janvier à 14h 30 (2 séances seulement)
http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/
Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations prémâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.
En 1932, Paul Nizan publiait Les Chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en gardiens de l’ordre établi.
Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux chiens de garde dressent l’état des lieux d’une presse volontiers oublieuse des valeurs de pluralisme, d’indépendance et d’objectivité qu’elle prétend incarner. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information pervertie en marchandise.
Derniers articles publiés sur le site
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Un nouveau site Internet local, le site du Front de Gauche de notre circonscription (pays bigouden, pays de Douarnenez, Cap Sizun)
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Taxe Tobin à la française : un bluff indécent
Henri Guaino annonce ce matin à BFM une taxe Tobin française avant la fin 2O12. De qui se moque le gouvernement ? Il y a à peine un mois le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, s’opposait au vote par le Sénat d’une telle taxe, estimant que la France "ne peut légiférer seule" car ce serait "contre-productif" et cela "nuirait à la place financière de Paris". Depuis deux ans déjà Nicolas Sarkozy orne ses discours d’envolées lyriques sur la taxe Tobin. Il avait promis que le G20 de Cannes marquerait une avancée décisive : l’échec a été total. Aujourd’hui, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, il prétend la décider seul, éventuellement avec l’Allemagne. Cette annonce est purement opportuniste : elle ne vise qu’à atténuer l’effet désastreux de l’annonce de la TVA « sociale », dont chacun sait qu’elle frappera d’abord les couches populaires. Elle manque totalement de crédibilité : contrairement à ce qui se fait toujours avant d’introduire un nouvel impôt, tout indique que Bercy n’a mené aucune étude sérieuse de faisabilité pour préparer la mise en place d’une telle taxe au plan français. Tous les actes de Nicolas Sarkozy – réformes fiscales, réforme des retraites, sauvetage des banques sans contrepartie, casse des services publics… - montrent qu’il gouverne pour la finance. Rappelons également que Nicolas Sarkozy a supprimé en 2008 l'impôt de bourse, qui taxait à la Bourse de Paris les transactions sur actions au taux de 0,3%. Nicolas Sarkozy joue donc de façon indécente avec le symbole de la taxe Tobin pour tenter de redresser son image de Président des riches. La manipulation politique est trop grossière pour que les citoyens se laissent abuser. La taxe Tobin est possible dès 2012, en Europe, au taux de 0,1%, en incluant les produits dérivés et (contrairement au projet de la Commission européenne) les transactions sur les devises, pour freiner fortement la circulation des capitaux et la spéculation et pour financer les biens publics mondiaux, à commencer par la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. La France pourrait bien sûr montrer montrer l’exemple. Mais il faudrait une volonté politique, pas un bluff médiatique. Attac France, Paris, le 6 janvier 2012 http://www.france.attac.org/articles/taxe-tobin-la-francaise-un-bluff-indecent
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Anniversaire
2002 - 2012
L'euro, 10 ans ! Pas de quoi pavoiser....
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L'Amérique Latine est-elle en train de se débarrasser de la tutelle de Washington ?
paru dans l'Humanité du 5 Décembre 2011
Amérique latine : la naissance de la Celac
La Communauté des États latino-américains et des Caraïbes a été officiellement constituée le 3 décembre 2011, au Venezuela, sans les États-Unis.
L’événement est historique : le sommet fondateur de la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (Celac) s’est achevé le 03/12/11, à Caracas, avec la consécration officielle de cette nouvelle organisation régionale. Cet ensemble hétérogène fait ainsi bloc pour exister de façon pluraliste, solidaire et autonome. La Celac regroupe 33 pays (550 millions d’habitants), dont Cuba, à l’exclusion des États-Unis et du Canada. Politiquement, elle fait pièce à l’Organisation des États américains (OEA), un instrument de la domination des États-Unis sur le continent dont le siège est à Washington, et complètement décrédibilisée pour l’aval qu’elle a donné à nombre de dictatures.
C’est en présence des principaux chefs d’État que se sont réunis les 33 États membres de la Celac, une communauté qui, comme l’a dit Hugo Chavez, ne voulait pas « d’une nouvelle organisation qui soit sous la coupe d’Obama et de Washington ». Le sommet s’est conclu par l’adoption d’une « déclaration de Caracas » et d’un plan d’action pour 2012. L’objectif est de construire une instance suffisamment solide pour créer un fonds régional de réserve, lorsque surgit une crise économique. D’autre part, son rôle sera de promouvoir les droits de l’homme sur le continent latino-américain.
Les gouvernements se sont affranchis de la tutelle de Washington pas à pas. En 2008, une entité sous-régionale s’était déjà constituée : l’Union des nations sud-américaines (Unasur), dotée d’un conseil de défense sans les États-Unis. Après la création, en 2004, de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba) et, en 2005, à Mar del Plata, l’enterrement de la zone de libre-échange des Amériques (Alca), le centre de gravité géopolitique est désormais déplacé au sud de l’hémisphère.
Bernard Duraud
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Une vidéo édifiante sur l'incapacité du ministre Estrosi de répondre à l'économiste Jacques Généreux
à propos de la dette publique dans l'émission "Salut les terriens" d'Ardisson le 5 novembre 2011
(la vidéo commence par une petite pub qu'il suffit de laisser passer.)
http://www.dailymotion.com/video/xm5ynd_jacques-genereux-invite-de-salut-les-terriens_news
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Le discours de Jean-Luc Mélenchon à la fête de l'Huma Bretagne à Lanester le 27 nov 2011
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Le programme partagé du Front de Gauche permet-il de tenir le bon cap pour 2012 ?
"Laissons tomber le Pédalo et souquons ferme vers le changement" par Olivier Dartignoles, porte parole du PCF, le 16/11/2011 ---> Lire en pdf
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Les établissements financiers ont remplacé les électeurs ; les bourses ont remplacé les partis ; les banquiers et les technocrates ont remplacé les chefs d'Etat et de gouvernement. Depuis une semaine, nos démocraties s'effacent devant les coups d'Etat des marchés. Alors que sauver l'Europe voudrait dire revenir devant les citoyens.
"Les fous ont pris le contrôle de l'asile"
Un article de François Bonnet (11/11/11) sur Médiapart Europe: l’effacement de la démocratie
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Sortir de la crise sans la faire payer aux peuples.
Les politiques d'austérité sont injustes et de plus elles aggravent la crise en brisant l'activité.
Cette Europe est un échec ! Alors on continue ou on change de cap ?
Le Front de Gauche a des propositions, discutons-en.
Ci-joint un résumé illustré de son programme. Voir le résumé illustré.
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Mikis Thedorakis et Manolis Glezos appellent les peuples d’Europe à se soulever contre les marchés financiers. (Octobre 2011)
http://www.jennar.fr/?p=2215
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Novembre 2011 : Derrière les grandes figures de la résistance, vous aussi SIGNEZ dès maintenant l'Appel de Thorens-Glières pour activer la campagne électorale qui s'annonce !
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- Entretien avec Jean-Luc Mélenchon, le 4 novembre 2011
Jean-Luc Mélenchon décortique les enjeux de la crise financière en Europe, la situation en Grèce et l’attitude des marchés.
Pour le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle de 2012, une nouvelle répartition des richesses entre capital et travail est la question centrale que la gauche doit aborder sans détour. ---> Lire l'entretien
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Pétition Non à la taxation des mutuelles ! Le gouvernement veut doubler (de 3.5% à 7%) la taxation des mutuelles. Un impôt sur notre santé ?
C'est NON ! pétition sur http://www.mutualite.fr
2 novembre 2011 : 10 000 manifestants à Cannes contre le G20, sommet des dirigeants qui pillent les peuples.
G20 de Cannes : le sommet de la démission, un communiqué d'ATTAC :
Rarement un G20 aura donné une telle image de la démission des dirigeants du monde face au pouvoir des marchés financiers. L’agenda des chefs d’État a été chamboulé par l’annonce d’un référendum en Grèce sur le plan de sauvetage de l’euro : tout a été mis en œuvre pour faire renoncer M. Papandréou à son projet « consternant » (comme l’a déclaré Nicolas Sarkozy). Le précédent ainsi créé – consulter le peuple sur une politique d’austérité destinée à satisfaire les marchés financiers ! – était bien trop dangereux pour être toléré par nos oligarchies.
Pour le reste, les résultats sont squelettiques. La taxe sur les transactions financières, grande priorité de la présidence française du G20 ? Barack Obama a accepté que le mot figure dans le communiqué final. Mais dans une formule parfaitement creuse : « nous reconnaissons les initiatives de certains de nos pays pour taxer le secteur financier avec plusieurs objectifs, y compris une taxe sur les transactions financières, pour financer notamment le développement ». Le minimum décent aurait été qu’un groupe de pays annonce la mise en place effective dès 2012 d’une taxe Tobin pour servir d’exemple. Mais cette taxe, que nous réclamons depuis douze ans, va continuer à orner les discours de M. Sarkozy pendant la campagne électorale sans avoir avancé d’un iota pendant sa présidence, en France ou au G20.
La régulation financière ? Rien de nouveau, hormis un recul bienvenu. Devant l’hilarité générale suscitée par la déclaration de Nicolas Sarkozy après le G20 de Londres en 2009 (« les paradis fiscaux, c’est fini ! »), ces « territoires non coopératifs » sont réapparus à Cannes au nombre de 11, dont la Suisse et le Liechtenstein, mais pas Monaco, ciblé par la manifestation du 3 novembre à Cap d’Ail.
La lutte contre la spéculation sur les produits agricoles ? On va « renforcer la transparence sur les marchés de produits agricoles ». Léger progrès toutefois, le G20 invite les régulateurs à limiter, « si nécessaire », les positions spéculatives prises sur les marchés de produits dérivés.
Une réforme du système monétaire international ? « La composition du panier des droits de tirage spéciaux » sera révisée en 2015, et on doit aller « vers des taux de change davantage déterminés par les forces du marché ». La spéculation sur les marchés des changes a de beaux jours devant elle.
Heureusement, sur les places de Grèce, d’Espagne, des Etats-Unis et de nombreux autres pays, les citoyens commencent à organiser l’insurrection civique et pacifique qui sera nécessaire pour mettre un terme à cette démission du politique. A Nice, le forum des peuples a contribué à leur coordination en permettant la rencontre de citoyens et de militants de tous les continents. Le mouvement d’indignation planétaire, qui prolonge et amplifie les méthodes et les revendications altermondialistes, va mettre de plus en plus les dirigeants face à leurs contradictions : veulent-ils continuer à imposer leur gouvernance pour les marchés, ou bien devront-ils s'incliner devant le renouveau de la démocratie ?
Attac France, Paris, le 4 novembre 2011
- Un référendum en Grèce ! Quel scandale pour nos dirigeants, voilà maintenant qu'on a envisagé de demander l'avis d'un peuple...
Si on (droite et PS) ne nous avait pas refusé un référendum sur le traité de Lisbonne on n'aurait pas cette Europe là, vouée à l'echec de par sa construction.
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- 28 Octobre 2011 : La CGT réagit avec virulence à la prestation télévisée de Sarkozy
"Il faut en finir avec l'austérité !" ---> Lire
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- Vient de sortir en librairie (sept 2011) le programme du Front de Gauche "l'humain d'abord"

- Viennent de sortir également (sept 2011) :
"Nous on peut" par Jacques Généreux.
"Le nouveau pari communiste" par Pierre Laurent.
Voir la présentation de ces livres dans la rubrique Livres
- Vient de paraître : Il n'y a pas d'alternative - 30 ans de propagande économique par Bertrand Rothé et Gérard Mordillat
Un excellent tour d'horizon de l'actualité. Simple et clair. ----> Voir la présentation
Un bon résumé de ce qu'est le libéralisme, clair et agréable. ----> Voir la présentation du livre - L'Europe au bord du gouffre.

Avec leur nouvel essai, les économistes attérés en remettent une couche pour dénoncer une Europe allant dans le mur. Au travers de deux exemples, l'Irlande et l'Islande, ils pointent deux façons de se sortir de la crise.
De ces exemples illustrés par leur analyse, les auteurs mettent au débat 30 mesures visant à construire une Europe "sociale, écologique et solidaire".
20 ans d'aveuglement, aux éditions Les liens qui libèrent, 173 pages, 8.50 euros
Date de parution : 11-05-2011
ISBN : 978-2-918597-32-2
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Dexia : les emprunts toxiques plombent les comptes de nos hôpitaux ---> Lire
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Le billet de Jean-Luc Mélenchon (extrait) le 17 oct 2011 après la primaire socialiste.
…Une nouvelle étape de la campagne présidentielle commence avec la désignation du candidat des socialistes. Je félicite l’heureux vainqueur de cette compétition. Mais puisque je suis au moment des picoteries, je ne peux m’empêcher de faire remarquer facétieusement que c’était une compétition sans risque pour les socialistes puisque de toute façon un socialiste était certain de l’emporter ! Ayant appelé mes amis à ne pas s’en mêler, même si je ne suis pas du tout certain de les avoir convaincus, je me réserve le seul avantage de cette situation : ne pas commenter une préférence des votants que je me contente d’enregistrer. Ni joie ni regrets. L’orientation majoritaire du Parti Socialiste est confirmée sans aucune surprise dans la personne de l’homme qui l’a incarnée sans discontinuer depuis 1997. L’intermède Aubry n’avait aucune signification de changement d’influence idéologique. En se rangeant derrière elle et en renonçant à exister, la gauche du Parti Socialiste, certes affaiblie par notre départ, s’est condamnée au rôle dérisoire qu’on lui connaît. Elle est à présent réduite au rôle de faire valoir sans influence ni rôle. Montebourg un temps a relevé le gant. A présent la vie du PS reprend, avec sa grisaille et son eau tiède, ses batailles d’organigramme de campagne et ses luttes de places au futur gouvernement. Demain est un autre jour. Laissons la poussière retomber. Le paysage est dessiné. Chacun va bientôt le réaliser. Je dis bienvenue aux socialistes de gauche, aux sympathisants et aux électeurs de ce parti qui savent déjà à quoi s’en tenir.
Le paysage de la gauche est en place. Cinq candidats sont présents pour l’instant. C’est le plus petit nombre depuis longtemps. Dans la période récente, le précédent contexte à cinq c’était en 1995. Ce n’est pas fini. Certains analystes pensent que le candidat du NPA ne sera peut-être pas là à la fin, faute de signatures suffisantes pour le parrainer. Dans ce cas nous serons quatre en lice à gauche. Les socialistes ne pourront pas reprocher aux autres la « dispersion », selon leur insupportable habitude. De même, dans cette configuration, je ne crois pas que le « vote utile » soit un argument du même poids pour faire voter socialiste, par peur, ceux qui n’en ont pas envie.
Nous allons voir bientôt ce que valent vraiment certaines belles déclarations entendues pendant le déroulement des primaires. J’évoque ici « l’appétit de débats » relevé tout au long de la période. Sera-t-il considéré que cet appétit est apaisé par les parties à fleurets mouchetés auxquelles nous avons eu droit ? Ou bien a-t-on encore envie d’en savoir davantage ? Mon « offre publique de débat » sera-t-elle entendue à gauche ? Je la renouvelle. Je crois qu’elle prolonge utilement la séquence qui vient d’avoir lieu en ce sens qu’elle continuera à donner le goût de s’impliquer dans les élections qui arrivent. A gauche c’est indispensable pour lever les blocages qui paralysent maintes consciences. Quels sont ces blocages ? Tous ceux qui empêchent de comprendre quelles sont les raisons de fond de notre compétition à gauche. Je veux parler des différences de propositions face à la droite. Ne pas le comprendre, ne pas vouloir en saisir pleinement les citoyens, c’est se condamner à aller à une élection où chacun regardera l’autre en chiens de faïence. D'aucuns, peut-être, auront le sentiment de progresser de leur côté. Illusion ! Car une bonne part de ceux qui nous intéressent pourrait rester sur le bord du chemin de ce seul fait. Ou serait alors la dynamique globale à gauche ? Débattre publiquement, c’est combattre l’abstention populaire, c’est transmettre le goût de prendre position. C'est restaurer la souveraineté de ceux qui pourront prendre leur décision en connaissance de cause…
- La réponse de J.L.Mélenchon à A. Montebourg, 11 octobre 2011
Cher Arnaud Montebourg,
J’ai lu la lettre que tu as envoyée à tes compétiteurs de la primaire socialiste. Tu as voulu qu’elle soit « ouverte ». Je me sens concerné. En effet, tu t’adresses aux deux socialistes qui pourraient être candidats à l’élection présidentielle. Je le serai pour ma part en toute certitude, au nom du Front de Gauche. Les questions que tu poses concernent toute la gauche et tous nos concitoyens.
J’ai donc souhaité y répondre.
Le nombre de votants aux primaires organisées par le Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle montre une volonté d’intervention populaire. Celle-ci marque je crois les temps politiques nouveaux dans lesquels nous sommes entrés. Car désormais le grand nombre sent bien que les dogmes suivis jusqu’à présent par les pouvoirs en place mènent le monde à une impasse. Chacun se sent dès lors invité à se mêler des affaires publiques. Bonne nouvelle !
En t’écrivant, je veux donc contribuer à ce débat démocratique indispensable pour que l’élection présidentielle ne se réduise pas à une compétition de personnes mais permette aux citoyens d’exercer en toute lumière une souveraineté éclairée par le débat argumenté.
Je veux aussi entamer à cette occasion une discussion ouverte à gauche sur les conditions concrètes et précises qui permettront à un gouvernement de mener une politique alternative à celle de la droite, à l’heure où pourtant les gouvernements sociaux-démocrates dans toute l’Europe adoptent des plans d’austérité en tout point contraires à leurs engagements de campagne.
Les trois questions que tu poses me paraissent essentielles. J’y réponds précisément et y ajoute une quatrième qui à mes yeux les conditionne toutes.
1°) Le contrôle politique du système financier
Je défends la mise sous contrôle social des banques afin de soumettre la finance à la loi de l’intérêt général. Le programme du Front de Gauche propose de combattre la spéculation et la financiarisation de notre économie en interdisant les ventes de gré à gré, les ventes à découvert et les produits spéculatifs et en bloquant les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux. Nous imposerons également la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement. Nous interdirons les stock-options, les LBO et les engagements hors bilan et obligerons les entreprises à la transparence financière. Les mouvements internationaux de capitaux à des fins de spéculation et de placement financier seront contrôlés et taxés à nos frontières. Nous interdirons la libre action des agences de notation et des hedge funds en Europe. Un pôle public financier sera créé pour contribuer à produire et partager autrement les richesses. Enfin, la Banque Centrale Européenne doit prêter aux Etats pour casser la spéculation et mettre le financement des biens publics à l’abri des appétits des investisseurs privés.
2°) Le protectionnisme européen, social et écologique
Je combats le dogme du libre-échange pour des raisons à la fois écologiques et sociales. Je veux réduire les transports de marchandises inutiles pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Et je récuse la réduction des normes sociales et environnementales par la mise en concurrence des systèmes sociaux et fiscaux nationaux. Je prône une relocalisation écologique maximale de notre production agricole et industrielle. Pour cela, le Front de Gauche défend l’instauration d’un visa social et écologique qui permettra de bloquer les productions délocalisées pour des raisons de dumping social et fiscal. Il propose l’institution de protections et de normes sociales et environnementales communes aux Européens, avec, par exemple des prélèvements nationaux concertés sur les réimportations en Europe de productions délocalisées et une taxe « kilométrique » de manière à réduire les transports de marchandises évitables. Nous instaurerons un droit de reprise des entreprises par leurs salariés en cas de délocalisation ou de fermeture. J’ajoute que le contrôle des mouvements de capitaux que nous instaurerons permettra aussi de taxer lourdement les investissements supports des délocalisations.
3°) la VIe République et la lutte contre la corruption
Le Front de Gauche se prononce sans ambiguïté pour une Sixième République parlementaire. Nous voulons en finir avec ce régime qui dépolitise le débat public et organise le dessaisissement des citoyens. La méthode que le Front de Gauche avance pour rédiger cette nouvelle Constitution est celle qu’ont suivie avec succès les peuples qui ont fait avant nous le choix de la révolution citoyenne, la convocation d’une Assemblée Constituante dès le début du mandat. Mon ambition est donc d’être le dernier président de la Cinquième République.
Quant à la corruption, je la tiens pour un symptôme de la décomposition de notre République. Elle prospère en raison du fonctionnement oligarchique des institutions, qui mêlent étroitement possédants et cercles dirigeants de l’Etat. Elle est la conséquence de l’accumulation de richesse par quelques-uns. Ceux-là jouissent de ce fait d’un pouvoir d’influence indécent contraire à l’égalité des citoyens. Elle se nourrit de la colonisation de l’Etat par les intérêts particuliers, permise par la libéralisation des services publics et la confusion qu’elle entraîne entre public et privé. Elle est encouragée par le fonctionnement des institutions européennes, où les lobbies font la loi. Nous combattrons la corruption sur tous ces fronts : mise au pas de l’oligarchie par la création d’un revenu maximum, instauration d’un régime parlementaire permettant le contrôle effectif de l’exécutif, abrogation des libéralisations de services publics, pôle public du médicament, nouveau traité européen conditionnant tout transfert de souveraineté à un contrôle démocratique de son usage.
Voici donc mes réponses aux trois points que tu évoques. Je serais incomplet si je n’en ajoutais un quatrième. Je crois que tu en seras d’accord puisque, comme nous, tu as voté non au Traité constitutionnel européen et à sa copie conforme le Traité de Lisbonne. Rien ne pourra être fait de ce que j’ai dit précédemment sans remise en cause du Traité européen de Lisbonne. Celui-ci interdit en effet toute entrave à la libre circulation des capitaux, promeut le libre-échange généralisé, fait échapper une part croissante de notre législation à la souveraineté populaire et officialise le pouvoir corrupteur des lobbies. C’est pourquoi nous organiserons un référendum pour proposer au peuple français une liste de dispositions sur lesquels la France désobéira sans attendre aux traités européens, prélude à une refondation de l’Union toute entière.
Reçois, cher Arnaud, mes félicitations pour le combat que tu as mené au sein de ces primaires et qui a permis de faire progresser tant d’idées que nous avons en commun.
Jean-Luc Mélenchon
Candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle
pour info, la lettre de Montebourg à Aubry et Hollande ---> lire
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- Adresse à la direction du PS par l'historien Alain Ruscio : Je voterais Jaurès…
Je voterais Jean Jaurès… si j’en avais la possibilité. Les bons manieurs de la langue française savent que le conditionnel s’accompagne d’un “s“ final à la première personne du singulier des verbes du premier groupe… et que ce dit conditionnel implique un choix, une éventualité.
Donc, je voterais Jaurès… si je me déplaçais, comme m’y invite, avec une insistance quelque peu racoleuse, la direction du PS, afin de choisir entre l’un des siens, moi qui ne suis pas l’un des leurs. Mais, non, décidément, définitivement, non, je n’irai pas dans un local du PS. Comme beaucoup, beaucoup, la ficelle me paraît un peu grosse. Je n’ai jamais, au grand jamais, envie de cautionner ce véritable complot contre la démocratie, cet insupportable hold-up sur les valeurs de gauche qui se prépare sous nos yeux.
Car enfin, il faut tout de même que des voix de simples citoyens viennent dire à ces “messieurs-dames qu’on nomme grands“ que, finalement, leur valse des egos commence sérieusement à leur taper sur le système, que l’organisation de ces primaires est peut-être un coup de génie de marketing, mais qu’elle n’a pas grand’ chose à voir avec l’expression du peuple de gauche.
Oui, mesdames et messieurs les dirigeants du PS, votre principe de démocratie directe s’est transformé en une mise en scène, au sens théâtral du terme, des nuances entre vous, des petites phrases, des postures et, ce week-end, des “avignoneries“ qui ont dû irriter jusqu’aux cendres de Vilar et de Vitez. C’est pas le Valse des egos, ai-je écrit : ce n’est plus du socialisme, c’est de l’ego-ïsme… Ce principe était-il vicié depuis le début ? Je le crois. Fut-ce à votre corps défendant ? Permettez-moi d’en douter. Vous avez tout fait, vous faites tout – et les médias, ignominieusement, participent à l’opération – pour que le peuple de gauche finisse par croire que le choix est entre les ténors socialistes, et non entre vous et une autre gauche.
Mais Jaurès, là dedans ? Voyons, réfléchissons. Ce que nous savons de lui – et nous en savons beaucoup – nous permet de dire sans hésiter qu’il n’aurait pu partager les options de ce Parti-là.
Le Parti socialiste d’antan aurait-il pu, même un instant, imaginer que ses couleurs seraient défendues par le leader du FMI ? Faut-il donc qu’une partie de la gauche ait perdu tout réflexe “de classe“ (quel gros mot !) pour croire un instant que la direction de cet état-major de l’impérialisme était compatible avec la défense des intérêts populaires ? Peut-on en même temps être de gauche et orchestrer les privatisations forcenées et leur pendant inévitable, les coupes claires dans les budgets sociaux, la misère imposée aux peuples ? Pourquoi diable a-t-il fallu que ce soit cette sordide affaire de Sofitel qui ait éliminé cet homme de droite ? N’auraient-ils jamais, ces dirigeants du PS, entendu, sans cela, les voix de millions de gens de gauche qui disaient : “Non, vraiment, cette fois-ci, je ne peux plus. Je ne voterai DSK ni au premier, ni au second tour“ ? Jaurès, lui, s’il n’est pas venu du peuple, y a puisé son inspiration, y a enrichi sa doctrine, passant du républicanisme au socialisme. Jaurès, lui, était avec les mineurs de Carmaux, pas du côté du capital financier.
Le Parti socialiste d’antan aurait-il pu, même un instant, soutenir les interventions en Afghanistan, en Libye, ces agressions en totalité conformes aux intérêts de l’impérialisme qui se réfugient derrière d’hypocrites raisons humanitaires ? Jaurès, lui, a mené tous les combats contre l’impérialisme, le colonialisme. Faut-il rappeler que c’est pour cela qu’ “ils“ l’ont tué, comme le chantait Brel ?
Allons, pas de passéisme… Et aujourd’hui ? Le plus grand danger qui guette la société française est, à mon avis, cette bipolarisation de la vie politique qu’un lobby informel, mais bien actif, veut nous imposer. C’est une alternance à l’américaine, à l’allemande, à la britannique qu’il nous prépare, si nous laissons faire : un coup à droite – bien dure : qui met en place un libéralisme sauvage – un coup à gauche – fort molle : qui se contente d’amortir les chocs, de mettre un peu de baume sur les cicatrices.
C’est, pour moi, à côté de bien des raisons positives de choisir l’autre gauche, une raison négative : déjouer ce piège, déranger un jeu dont la règle même est viciée. Donc, je voterai Mélenchon.
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